Publié le 6 novembre 2026
Minimum contributif 2026 : 903,94 € par mois, à quelles conditions
Pour une retraite du régime général liquidée en 2026 au taux plein, la pension de base ne peut pas être inférieure à 756,29 € bruts par mois, montant porté progressivement jusqu'à 903,94 € à partir de 120 trimestres cotisés. Le minimum est attribué automatiquement, mais il est réduit si le total des retraites personnelles dépasse 1 410,89 € bruts par mois.
Le mécanisme : une majoration de la pension au taux plein
Le minimum contributif est prévu par l'article L. 351-10 du code de la sécurité sociale. Il ne constitue pas une prestation distincte : c'est une majoration qui porte la pension de base calculée au taux plein, lors de sa liquidation, à un montant minimum fixé en tenant compte de la durée d'assurance accomplie au régime général. Il s'applique aux pensions de l'Assurance retraite et de la MSA (salariés agricoles), sans démarche de l'assuré.
Ses montants sont revalorisés au 1er janvier de chaque année, d'un taux au moins égal à l'évolution du Smic selon l'article L. 351-10. Pour une retraite liquidée en 2026, les valeurs publiées sont les suivantes.
- Minimum de base : 9 075,50 € bruts par an, soit 756,29 € par mois (747,69 € en 2025, soit +8,60 € par mois).
- Minimum majoré : 10 847,22 € bruts par an, soit 903,94 € par mois (893,66 € en 2025, soit +10,28 € par mois).
- Plafond de l'ensemble des retraites personnelles : 1 410,89 € bruts par mois, contre 1 394,86 € auparavant. Ce plafond évolue comme le Smic.
Attention : ces montants ne concernent que les retraites liquidées en 2026. Une pension déjà portée au minimum contributif les années précédentes n'est pas recalculée sur ces valeurs : elle suit la revalorisation générale des pensions de base, soit 0,9 % au 1er janvier 2026 (voir notre article sur la revalorisation 2026). Les montants applicables aux liquidations de 2027 ne sont pas encore publiés.
Les trois conditions d'attribution
- Une retraite au taux plein. Le minimum ne s'applique qu'à une pension sans décote, obtenue par la durée d'assurance requise, par l'âge d'annulation de la décote (67 ans) ou au titre d'un dispositif ouvrant droit au taux plein. Une pension liquidée avec décote n'y ouvre pas droit.
- La liquidation de toutes les retraites. L'assuré doit avoir demandé l'ensemble de ses retraites personnelles, de base et complémentaires, auprès de l'ensemble des régimes auxquels il a cotisé. Une retraite complémentaire non demandée bloque l'attribution.
- Un total de retraites personnelles inférieur à 1 410,89 € bruts par mois. Le calcul additionne toutes les pensions de droit propre, minimum compris. En cas de dépassement, le minimum contributif est réduit à due concurrence.
Le seuil de 120 trimestres cotisés
Le minimum majoré dépend des trimestres ayant donné lieu à cotisations à la charge de l'assuré. L'article D. 351-2-2, dans sa version en vigueur depuis le 1er août 2026, fixe à 120 trimestres la durée minimale à atteindre, avec au maximum quatre trimestres retenus par année civile. Trois situations se distinguent pour un assuré parti au taux plein avant 67 ans avec le nombre de trimestres requis.
- Tous les trimestres requis sont cotisés : la pension de base ne peut être inférieure à 903,94 € bruts par mois.
- Moins de 120 trimestres cotisés : le plancher reste à 756,29 € bruts par mois, sans majoration.
- Au moins 120 trimestres cotisés, mais pas la totalité : le plancher de 756,29 € est majoré au prorata des trimestres cotisés rapportés à la durée requise. Pour un assuré né en 1964 (170 trimestres requis) qui en a cotisé 135, le calcul donne 756,29 € + [(903,94 € - 756,29 €) x 135 / 170] = 873,54 € bruts par mois.
La formule produit un effet de seuil marqué. Avec 119 trimestres cotisés, le plancher reste à 756,29 €. Avec 120, toujours pour une durée requise de 170 trimestres, il passe à 756,29 € + (147,65 € x 120 / 170) = 860,51 € bruts par mois, soit 104,22 € de plus par mois pour un seul trimestre cotisé supplémentaire.
Les trimestres validés au titre de l'assurance vieillesse des parents au foyer (article L. 381-1) et des dispositifs d'aidant (article L. 381-2 : allocation journalière de présence parentale, allocation journalière du proche aidant, congé de proche aidant) sont pris en compte dans la limite de 24 trimestres. Pour un parent ou un aidant dont la carrière cotisée se situe juste sous le seuil, leur bonne inscription au relevé de carrière conditionne directement l'accès au minimum majoré (voir notre article sur les trimestres des aidants).
Vos trimestres cotisés atteignent-ils le seuil de 120 ?
Nous distinguons, sur votre relevé de carrière, les trimestres cotisés, assimilés et validés au titre des enfants ou de l'aide à un proche, année par année.
Faire vérifier mes trimestresDépart à 67 ans ou carrière partagée : la proratisation
L'article D. 351-2-1 réserve l'intégralité du minimum aux pensions dont la durée d'assurance au régime général atteint la durée requise pour le taux plein. En dessous, le minimum est réduit au prorata des trimestres effectivement accomplis rapportés à cette durée.
- Départ à 67 ans sans la durée requise : le taux plein est acquis par l'âge, mais le minimum est proratisé. Pour un assuré né en 1964 qui part à 67 ans avec 140 trimestres, le plancher est de 756,29 € x 140 / 170 = 622,83 € bruts par mois.
- Carrière partagée entre plusieurs régimes : la règle vise la durée accomplie au régime général. Un assuré né en 1964 qui a validé 100 trimestres au régime général et le reste dans un autre régime voit son plancher calculé sur 100 / 170, soit 756,29 € x 100 / 170 = 444,88 € bruts par mois avant toute majoration.
Le plafond de 1 410,89 € : comment le minimum est écrêté
Le plafond s'apprécie sur le total des retraites personnelles, base et complémentaires, tous régimes confondus. Le minimum contributif n'est versé que dans la limite de ce total. Exemple : une pension de base calculée à 700 € bruts par mois, qui devrait être portée à 903,94 € par le minimum majoré, et une retraite complémentaire de 600 € par mois. Le total atteindrait 1 503,94 €, soit 93,05 € au-dessus du plafond. La majoration est réduite d'autant : la pension de base est servie à 810,89 €, et le total des retraites est ramené à 1 410,89 €.
Attention : une retraite complémentaire revalorisée ou une pension d'un autre régime attribuée tardivement modifie ce calcul. Le montant du minimum effectivement servi dépend donc de la totalité des droits liquidés, pas de la seule pension de base.
Ce que ça change concrètement pour vous
Si votre pension de base au taux plein est inférieure à 903,94 € bruts par mois, la notification de l'Assurance retraite permet de vérifier si le minimum contributif a été appliqué, et pour quel montant. Trois vérifications s'imposent : le nombre de trimestres cotisés retenu (par rapport au seuil de 120), la prise en compte des trimestres de parent au foyer ou d'aidant dans la limite de 24, et le total de vos retraites personnelles au regard du plafond de 1 410,89 €. Un trimestre cotisé omis sur le relevé de carrière peut représenter, près du seuil, plus de 100 € par mois pendant toute la retraite.
Minimum contributif et Aspa : deux mécanismes distincts
Le minimum contributif est une majoration de la pension de droit propre, liée à la carrière cotisée. Il ne doit pas être confondu avec l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), prestation non contributive soumise à conditions de ressources. Les deux se distinguent sur un point déterminant pour les héritiers : contrairement à l'Aspa, le minimum contributif n'est pas récupérable sur la succession.
Questions fréquentes
Quel est le montant du minimum contributif en 2026 ?
Pour une retraite liquidée en 2026, le minimum contributif est de 9 075,50 € bruts par an (756,29 € par mois). Il est porté jusqu'à 10 847,22 € bruts par an (903,94 € par mois) lorsque l'assuré totalise au moins 120 trimestres cotisés et que tous ses trimestres requis pour le taux plein sont cotisés.
Faut-il demander le minimum contributif ?
Non. Il est attribué automatiquement par l'Assurance retraite ou la MSA lors du calcul de la pension, à condition que la retraite soit au taux plein, que toutes les retraites de base et complémentaires aient été demandées et que leur total ne dépasse pas 1 410,89 € bruts par mois.
Le minimum contributif est-il récupéré sur la succession ?
Non. Contrairement à l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), le minimum contributif est une majoration de la pension de droit propre, qui n'est pas récupérable sur la succession.
Les retraités qui touchent déjà le minimum contributif bénéficient-ils du montant 2026 ?
Non. Les montants revalorisés au 1er janvier 2026 s'appliquent aux retraites liquidées en 2026. Les pensions déjà en paiement suivent la revalorisation générale des pensions de base, soit 0,9 % au 1er janvier 2026.
Sources officielles
- Pensions de retraite : quel est le montant du minimum contributif en 2026 ?, Service-Public.fr
- Montant de la retraite du salarié du secteur privé, Service-Public.fr
- Code de la sécurité sociale, article L. 351-10, Légifrance
- Code de la sécurité sociale, article D. 351-2-1, Légifrance
- Code de la sécurité sociale, article D. 351-2-2, Légifrance
- Code de la sécurité sociale, article L. 381-2, Légifrance
Les montants des exemples résultent d'un calcul arithmétique à partir des valeurs officielles publiées pour 2026, et s'entendent bruts. Cet article a une visée informative et ne remplace pas une analyse personnalisée de votre situation.
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